Un dégât des eaux dans un logement en location peut rapidement transformer un quotidien paisible en un véritable casse-tête. Locataire ou propriétaire, qui se retrouve au final à débourser pour les réparations ? La question n’est pas anodine, surtout quand on jongle avec les notions de responsabilité, d’entretien, et d’assurance habitation. La clé réside souvent dans l’origine même du sinistre : est-ce un élément sous la garde du locataire ou dépendant de la structure du bâtiment ? Entre responsabilités légales et réalités du bail, chaque situation mérite une attention particulière pour savoir qui endosse les charges et comment agir efficacement.
En bref :
- La responsabilité dépend de l’origine du dégât des eaux : élément d’usage locatif ou structure du bâtiment.
- Le locataire doit entretenir les équipements à sa charge (robinetterie, machine à laver, tuyauteries non encastrées).
- Le propriétaire est responsable des éléments structurels (toiture, canalisations encastrées, fenêtres défectueuses).
- Déclaration du sinistre obligatoire dans les 5 jours ouvrés auprès de l’assurance habitation correspondante.
- La garantie catastrophe naturelle est optionnelle dans les contrats et dépend d’une reconnaissance officielle.
Dégât des eaux en location : identifier la responsabilité et éviter les conflits
Quand un sinistre éclabousse un logement loué, il n’est jamais évident de départager la responsabilité entre locataire et propriétaire. L’origine du dégât des eaux joue un rôle fondamental dans cette équation. Par exemple, une fuite causée par un robinet mal entretenu ou une machine à laver défaillante engage directement le locataire. Selon le décret du 26 août 1987, ce dernier doit veiller à la bonne maintenance des installations comme la robinetterie, les siphons ou encore les joints, à moins qu’une usure anormale ne soit imputable au bailleur.
Mais quand la fuite provient d’une canalisation encastrée ou d’une infiltration au niveau de la toiture, la responsabilité bascule vers le propriétaire. La loi l’oblige à garantir un logement décent et fonctionnel, ce qui inclut les réparations des éléments structurels. Ainsi, pour toute fuite d’origine structurelle, c’est son assurance propriétaire non occupant (PNO) qui devrait prendre le relais, à condition d’en avoir souscrit une. Sans cette couverture, les conséquences financières peuvent vite devenir épineuses.

Le locataire face à ses obligations : entretien courant et assurance habitation
Les petits équipements, souvent sous la surveillance du locataire, peuvent néanmoins causer d’importants dégâts en cas de négligence. Du robinet qui fuit à la machine à laver surchargée, c’est sur ses épaules que reposent le nettoyage et la prévention, le tout formalisé dans le bail. En cas de sinistre dû à un manque d’entretien, il lui revient donc d’assumer les frais, ce qui implique de bien déclarer le dégât des eaux à son assurance habitation. La couverture est obligatoire et protège aussi contre les dommages causés aux voisins, une garantie non négligeable dans les immeubles.
Un expert peut être mandaté pour distinguer si le sinistre relève d’une simple usure ou d’une défaillance structurelle imputable au propriétaire. Cette distinction est cruciale pour définir le financement des réparations.
Propriétaire vs élément structurel : une responsabilité légale incontournable
La toiture, les murs porteurs, les canalisations encastrées : autant d’éléments hors du quotidien du locataire. Dès lors qu’une fuite prend naissance dans ces infrastructures, le propriétaire doit agir, soutenu par son assurance PNO. Cela ne dispense pas le propriétaire de signaler rapidement le sinistre à son assureur pour enclencher les indemnisations. Sa responsabilité ne s’arrête pas là : il lui revient aussi de maintenir le logement en conformité avec le décret de 1989 sur la décence du logement.
Dans certains logements anciens, la séparation des responsabilités peut demander une expertise contradictoire, surtout lorsque le dégât résulte d’une usure progressive. Cette nuance permet d’éviter une dispute juridique souvent pénible pour les deux parties.
Responsabilité en cas de dégât des eaux venant du voisinage ou des parties communes
Parfois, les dégâts dépendent d’installations hors de portée directe ni du locataire ni du propriétaire. Lorsqu’une fuite se manifeste à partir d’un logement voisin ou des parties communes, la responsabilité devient collective. La copropriété, représentée par le syndic, joue alors un rôle clé en engageant l’assurance de l’immeuble pour couvrir les réparations. Les parties concernées doivent collaborer via un constat amiable, document essentiel à transmettre aux assureurs.
Grâce aux conventions d’assurance IRSI (Indemnisation et Recours des Sinistres Immeuble), la prise en charge financière est facilitée sans attendre une désignation formelle du coupable, évitant ainsi que le locataire en soit le garant inconsidéré. Lorsque le voisin responsable n’a pas d’assurance, c’est l’assurance du sinistré qui prendra en charge les indemnités avant d’effectuer un recours contre la partie fautive.
Quand la nature s’en mêle : l’impact des catastrophes naturelles sur les dégâts des eaux
Les épisodes climatiques extrêmes – tempêtes, inondations, grêle – sont désormais plus fréquents en 2026, exacerbant le risque de dégâts des eaux dans les logements. Ce contexte particulier nécessite une vigilance accrue sur les garanties liées aux événements naturels. Ces sinistres ne relèvent ni de l’entretien locatif ni des obligations structurelles classiques, mais d’aléas climatiques reconnus par arrêté ministériel.
La souscription d’une garantie spécifique « catastrophe naturelle » dans l’assurance multirisque habitation constitue un filet de sécurité précieux. En son absence, les indemnisations deviennent incertaines voir impossibles. Locataire et propriétaire doivent donc s’assurer que leur contrat inclut cette protection, d’autant plus si le logement se trouve dans une zone à risque. La gestion financière des dommages peut, dans certains cas, être partagée selon la nature des impacts.
Points essentiels pour gérer un dégât des eaux en location
- Déclarez tout sinistre dans les 5 jours ouvrés : la rapidité maximise les chances d’indemnisation et limite les aggravations.
- Vérifiez l’origine du sinistre avant de déterminer qui doit entreprendre les réparations et qui doit supporter les charges.
- Consultez les clauses du bail relatives à l’entretien et aux responsabilités, indispensables pour bien comprendre les obligations locatives.
- Impliquer les assurances habitation (du locataire pour ses équipements et responsabilité civile, du propriétaire pour la structure via la PNO).
- Si besoin, demandez une expertise contradictoire pour clarifier la part de responsabilité, particulièrement dans les logements anciens.
- En cas de dégâts liés à la copropriété, contactez le syndic pour activer la procédure d’assurance collective.
Gérer les conséquences d’un dégât des eaux en location est toujours une affaire de patience et d’organisation, qu’il s’agisse de prévenir le sinistre ou de savoir qui, du locataire ou du propriétaire, doit prendre en charge la situation. Les règles sont claires, mais il faut souvent une belle dose de communication pour apaiser les tensions et accélérer les réparations. L’assurance habitation demeure le sésame incontournable pour éviter que de simples incidents ne tournent en conflits lourds de conséquences.
Si vous voulez anticiper ces désagréments, découvrez également des astuces simples pour entretenir plomberie et éviter les dégâts, ou apprenez comment protéger vos plantes lors des tempêtes pour limiter les risques liés à l’humidité
Articles en rapport :
- Déclaration de dégâts des eaux
- Loyer impayé : qui doit régler les frais d’huissier, le locataire ou le propriétaire ?
- L’état des lieux locatif
- Litiges entre propriétaire et locataire: les solutions
Passionné par la nature depuis l’enfance, je façonne des espaces verts harmonieux et durables depuis plus de 10 ans. À 32 ans, le métier de paysagiste me permet de donner vie à des jardins personnalisés, en accord avec l’environnement et les envies de chacun.
